Brian Bouillon Baker : « l’important, c’est d’être humaniste »

Fils de l’artiste Joséphine Baker, il a œuvré pour l’entrée de sa mère, militante de l’universel et synonyme de liberté, au Panthéon. Elle fut la sixième femme à recevoir cet hommage de la Nation, après la physicienne Marie Curie et Simone Veil.

Par Brian BOUILLON BAKER, Écrivain

Ma mère disait : « tout commence par l’éducation des enfants ». Des enfants mal éduqués, c’est-à-dire mal orientés, risquent de devenir des adultes qui poseront problème pour l’universalisme.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, suite à une opération, elle a appris qu’elle ne pourrait pas avoir d’enfants. Elle qui voulait une grande famille, a donc adopté sa « tribu arc-en-ciel », sa petite ONU familiale, avec des enfants de toutes les couleurs, issus des quatre coins de la planète ! Nous sommes douze, originaires d’Algérie, Colombie, Venezuela, Finlande, Japon, Corée, Maroc, Côte d’Ivoire, Israël etc., tous élevés dans l’ouverture et la tolérance.

Ma mère voulait à travers nous prouver au monde qu’il était possible d’avoir différentes origines et de vivre en fraternité. Déjà petits, lorsque nous faisions des bêtises, nous ne nous dénoncions pas les uns les autres ; nous étions punis collectivement et maman enrageait souvent de ne pas savoir qui avait fait le coup ! Pourtant, je l’ai entendue dire à des amis par la porte entrebâillée de son bureau : « Il y en a encore un qui a brûlé le tapis du salon. C’est énervant de ne pas savoir qui, mais finalement, je suis très heureuse de voir cette solidarité entre eux ». Encore maintenant, nous sommes très liés.

Nous vivons malheureusement des temps troublés, avec toutes sortes de discours de violences, de rejets, de haines, de guerres.

Aujourd’hui, Joséphine dirait : « il faut se relever les manches ! Il y a encore du boulot ! ». Elle serait un peu déçue certainement de voir l’état du monde quarante-cinq ans après son départ. Il faut continuer à prôner l’ouverture auprès de ceux qui n’en sont pas encore convaincus et reprendre les problèmes à leur source avec l’éducation des jeunes pour en faire des futurs citoyens du monde, universels, avec des valeurs de fraternité et d’humanisme. Voilà ce qu’elle dirait. Cela ne mène à rien de se faire la guerre, de se haïr ou de se rejeter… au contraire .

Pour en savoir plus :
« Joséphine l’universelle » de Brian Bouillon Baker (Éditions du Rocher)
« Joséphine Baker, le musical » de Jean-Pierre Hadida à partir du 3 juin 2022 à La Nouvelle Ève

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commentaire
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